Témoignage de Renaud, actuellement étudiant au MDAE, Paris

Témoignage de Renaud, actuellement étudiant au MDAE, Paris

1/ Pourquoi avoir voulu rentrer en classe préparatoire D1 ?

Pour ma part intégrer une CPGE ENS D1 a plus ou moins été le fruit du hasard. J’ai tout d’abord effectué un première S, mais n’aimant pas réellement les mathématiques, j’ai bifurqué vers une terminale ES. Je ne savais pas vraiment quelle carrière je voulais embrasser. Ce que je savais c’est que j’avais un intérêt pour les domaines du droit ou du commerce. Toutefois, faire une école de commerce post-bac ne m’intéressait pas (je ne voulais pas payer cher pour un diplôme peu reconnu) ; et je m’étais promis de ne jamais faire de classe préparatoire aimant par nature minimiser mes efforts au travail.

Sur APB je m’étais donc inscrit sans trop de conviction à la faculté de droit de Nantes. Néanmoins ayant bien préparé mon bac ES, j’ai obtenu une bonne moyenne qui m’a permis de bénéficier du dispositif « meilleurs bacheliers » (permettant au 10% des meilleurs résultats de chaque filière par établissement d’être prioritaire dans des formations de l’enseignement supérieure). C’est donc l’académie qui m’a appelé pour me proposer cette formation sélective. Ne connaissant pas vraiment ce qu’était la prépa D1 ENS Cachan ni ses débouchés, la conjonction d’enseignements juridiques et économiques sans abandonner un complément linguistique m’a tout de suite attiré. J’ai donc accepté une semaine avant la rentrée scolaire d’intégrer la CPGE ENS D1.

2/ Comment as-tu vécu tes années de classe préparatoire ? 

On ne va pas se mentir ça n’a pas toujours été facile. La charge de travail est intensive, ce qui réduit la possibilité de sortie ou d’activités extra-scolaires. Toutefois dans ma classe prépa, nous avions une super ambiance nous permettant de passer de bons moments ensemble et de travailler sans se concurrencer (cette ambiance a d’ailleurs été payante sur nos résultats finaux à tous).

Je pense qu’il a fallu quelques mois pour trouver cette ambiance studieuse mais amicale et prendre un rythme équilibrant travail/sport/sorties.

3/ Avec le recul, quel bilan tires-tu de ces années ? 

Malgré m’être pas mal plaint durant la préparation des khôlles hebdomadaires (oraux) ou des partiels de l’université, la prépa m’a donné une capacité de travail et d’apprentissage que je ne me serais jamais donné la peine d’acquérir si j’avais été livré à moi-même à la fac. L’encadrement par les professeurs et le studieux des autres élèves m’ont permis d’être cadré et d’apprendre beaucoup de choses.

4/ En quoi tes années de classe préparatoire t’aident dans ton parcours universitaire aujourd’hui ? 

Pour ma part j’étais un peu perdu quand à mon orientation professionnelle. J’ai préparé mais sans trop de volonté le concours de l’ENS que je n’ai pas eu (nous étions obligés de le passer). Toutefois, ma prépa présentait l’avantage de ne pas offrir comme seul débouché l’ENS qui est très sélective (17 places) et spécialisée (spécialisation en droit européen et à terme, l’enseignement et/ou la recherche).

Après avoir déposé mes dossiers et passé l’oral, j’ai eu la chance d’être admis au Magistère de Droit des Activités Économiques de l’université Paris I (Panthéon-Sorbonne). C’est une formation sélective (28 places) en droit des affaires tant public que privé. Il est clair que sans la classe préparatoire, je n’aurais jamais été sélectionné car celle-ci confère une nette plus-value comparée aux étudiants des facultés. C’est un gage de sérieux indéniable. La capacité de travail acquise en prépa m’est précieuse car cette formation offre le même rythme de travail… mais ça c’est une autre histoire.

5/ A qui conseillerais-tu cette classe préparatoire ?

Je conseillerais cette classe préparatoire à tous les bons élèves qui, même s’ils demeurent indécis, souhaitent faire du droit et de l’économie. Cette formation offre un bon compromis et son exigence est reconnue. Finalement, ces deux années sont passées plutôt vites et n’importe qui avec de la volonté et de l’implication peut s’en sortir (certes aux dépens parfois de sa vie sociale mais à terme le jeu en vaut la chandelle).

Un dernier conseil, même si l’ENS ne vous parle pas, renseignez-vous sur les multiples débouchés possibles (IEP, Écoles de commerces, Magistères, fac etc.) et sachez que dans tous les cas vous validerez (normalement) une licence 2 de droit, avec la possibilité sous certaines conditions d’obtenir une équivalence en économie.