Agathe, Enael et Mathilde et les différentes voies d’accès à Sciences Po après une classe prépa

Agathe, Enael et Mathilde et les différentes voies d’accès à Sciences Po après une classe prépa

1/ Pourquoi avoir voulu rentrer en classe préparatoire D1 ?

Agathe : En Terminale, mes professeurs voulaient m’orienter vers une classe préparatoire économique (ECE) mais je n’étais clairement pas passionnée par les maths ni les débouchés en écoles de commerce. J’ai découvert la classe préparatoire D1 un peu par hasard lors d’un Salon de l’Étudiant. Ça me paraissait être un bon compromis avec des matières générales comme le droit, l’économie et la culture générale et une diversité de débouchés. Comme je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire plus tard je me suis dit que la classe préparatoire ne fermait pas de portes et ça m’a permis de réfléchir à mon projet pendant deux ans.

Enael :  Après le lycée, je n’étais pas certaine de la voie vers laquelle je voulais me tourner. Je me suis dit qu’une classe préparatoire me permettrait de prendre deux ans pour préciser mon orientation, tout en m’apportant de solides acquis méthodologiques et théoriques. De plus, la prépa D1 semblait ouverte à de nombreux débouchés.

Mathilde : Je suis rentrée en classe préparatoire D1 car je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire plus tard alors je souhaitais rester dans une formation assez généraliste. C’est la conseillère d’orientation de mon lycée qui m’a conseillé cette prépa et je l’ai trouvé très intéressante car elle permet à la fois de valider une première et une deuxième année de droit tout en suivant des cours d’économie, de langues et de culture générale.

 2/ Comment as-tu vécu tes années de classes préparatoires ?

Agathe : Je ne vais pas mentir la classe préparatoire ce n’est pas évident. Ces deux années ont été dures et ont demandé beaucoup d’efforts en termes d’investissements personnels, de travail. Pour ma part j’ai dû apprendre à gérer mon stress notamment à l’oral car ce n’est pas quelque chose d’innée chez moi. Dans l’ensemble, ces deux années ont tout de même été beaucoup moins difficiles que ce à quoi je m’attendais car il n’y avait pas d’esprit de compétition comme on peut l’imaginer dans une classe préparatoire, mais au contraire une très bonne ambiance au sein de la classe.

Enael : Je dirais que ce fut une épreuve, mais pas aussi périlleuse que ce à quoi je m’attendais. En arrivant en classe préparatoire, je souhaitais d’abord relever ce qui était pour moi un défi : aller au bout des deux ans. J’avais peur d’entrer dans un milieu fait de concurrence et de jalousie comme on entend beaucoup dire des classes préparatoires. Je peux aujourd’hui affirmer que ce fut l’inverse, et que la solidarité et la bonne ambiance de la classe ont été pour beaucoup dans mon maintien au sein de celle-ci. L’état d’esprit des professeurs comme des élèves est extrêmement déterminant pour les résultats obtenus à la fin des deux ans.

Mathilde : La première année n’a pas toujours été facile, car c’est assez différent du lycée. Il m’a fallu un peu de temps pour m’adapter et de comprendre comment il fallait travailler en prépa. Les colles aussi sont très stressantes. La deuxième année est plutôt difficile en termes de charge de travail mais c’est au final celle que j’ai préféré car on se voit progresser.

3/ Avec le recul, quel bilan tires-tu de ces années ?

Agathe : Je ne regrette pas du tout d’avoir fait cette prépa, au contraire car c’est très formateur autant sur le plan scolaire que personnel. J’en garde de bons souvenirs Ces deux années ont été très enrichissantEs et ça a été l’occasion de repousser mes limites (notamment à l’oral).  Le bon état d’esprit et l’ambiance de la classe ont largement contribué aux réussites de chacun. Je retiens qu’il ne faut pas se laisser décourager par le moindre échec car la classe préparatoire demande un certain temps d’adaptation par rapport au lycée qui n’est pas toujours évident. Au final, c’est surtout en deuxième année où l’on réalise tous les progrès que l’on a fait.

Enael : Je ne regrette pas ma classe préparatoire. Au delà des connaissances théoriques solides, on y apprend l’humilité et la persévérance. La vie n’y est pas toujours facile mais il y a toujours moyen de relativiser. Et la classe prépa m’a permis d’accéder à l’école que je voulais, Sciences Po Rennes, via le concours commun de deuxième année. J’ai fait mon choix d’orientation et je l’ai obtenu grâce à du travail personnel bien sûr, mais aussi beaucoup grâce à de l’entraînement en groupe et aux conseils des anciens élèves passés par la prépa.

Mathilde : Je suis très contente d’avoir fait cette prépa. J’ai beaucoup appris pendant ces deux années et je pense que cela me servira longtemps.

4/ En quoi tes années de classes préparatoires t’aident dans ton parcours universitaire aujourd’hui ?

Agathe : J’ai intégrée Sciences Po Rennes en deuxième année grâce à un oral de motivation. La classe préparatoire m’a justement permise d’être prête le jour j. La méthodologie et la capacité de travail acquises pendant la classe prépa me servent aujourd’hui, à l’oral comme à l’écrit.

Enael : J’ai pu y acquérir de solides connaissances, et surtout de la méthodologie. On critique souvent les classes préparatoires pour leur « formatage » des élèves, mais la rigueur exigée en prépa peut s’avérer essentielle dans le parcours professionnel. À nous ensuite de garder l’esprit critique…  La classe prépa aide aussi à se dépasser et permet d’apprendre sur soi-même. Le rythme, les modes de travail y sont totalement différents du lycée et on ne peut pas vraiment savoir à l’avance comment cette expérience sera vécue.

Mathilde : À ma grande surprise, j’ai été admissible à l’ENS ce qui m’a permis par la suite d’intégrer Sciences po via là convention master. La prépa ouvre vraiment beaucoup de portes pour la suite. Elle me sert encore aujourd’hui au niveau de la méthodologie pour rédiger des dissertations par exemple ou encore pour construire des plans plus facilement.

5/ A qui conseillerais-tu cette classe préparatoire ?

Agathe : Je conseillerais la classe préparatoire aux élèves curieux et motivés mais qui n’ont pas forcément de de projet professionnel précis. La classe préparatoire ne ferme pas de portes et permet d’envisager des formations auxquelles on n’avait pas pensé au départ.

Enael : À tout élève qui s’intéresse aux matières qui y sont enseignées et aux débouchés qu’elle propose. Ce type d’études peut faire peur au premier abord. Il nécessite de faire partie des bons élèves au lycée, mais ceux qui y entrent ne sont ni surdoués, ni capables de travailler 15h par jour ! Il ne faut pas hésiter à tenter sa chance, d’autant plus que la particularité des prépas D1 réside dans leur partenariat avec l’université de droit, laissant ainsi une « porte de secours » en permettant de se réorienter vers la faculté sans perdre d’année d’études.

Mathilde : Je conseillerais cette classe préparatoire à tout élève qui a des doutes sur ce qu’il souhaite faire plus tard.