Bastien et Julien, étudiants au magistère droit des TIC à Poitiers

Bastien et Julien, étudiants au magistère droit des TIC à Poitiers

1/ Pourquoi avoir voulu rentrer en classe préparatoire D1 ?

Julien : Je ne savais pas quoi faire après l’obtention du baccalauréat. L’échéance APB approchant, j’ai sollicité l’aide du conseiller d’orientation de mon lycée. Au regard de mes résultats scolaires et de la filière (ES) dans laquelle je m’inscrivais, il m’a proposé et fait découvrir la prépa D1. C’était clairement quitte ou double. N’ayant jamais fait de droit jusqu’alors, je prenais le risque d’entrer dans un cursus exigeant sans même savoir si la matière dominante me plairait.

En réalité, deux éléments principaux m’ont fait opter pour la prépa D1. C’est tout d’abord la volonté de poursuivre mes études dans une formation « qui en demande plus », reconnue et stimulante intellectuellement. C’est ensuite le besoin d’être sorti de ma zone de confort, d’être quelque peu bousculé et, par là-même, être prêt à faire face à la réalité des études supérieures et du monde professionnel. Je voulais acquérir des méthodes solides, mais aussi des connaissances plus poussées qui me serviraient pour la suite de mon parcours. Ce n’est donc absolument pas la perspective du concours qui m’a fait choisir cette voie.

Bastien : Pour ma part, la CPGE D1 était véritablement un tremplin ; un moyen de parvenir aux formations que je m’étais fixées. Je m’étais déjà énormément penché sur la question avant de choisir cette classe préparatoire. Dès la première année, j’avais pour ambition d’intégrer l’ENS ou le magistère en droit des TIC de Poitiers. Ce sont deux parcours aux finalités très différentes. Si j’intégrais l’ENS, c’était pour devenir enseignant-chercheur. Le Magistère en Droit des TIC me destinait par contre à devenir juriste au sein d’une multinationale de l’industrie vidéoludique. Au cours de mes premières années universitaires j’ai finalement eu l’occasion d’en apprendre plus sur chacune des branches, mon choix s’étant finalement porté sur la deuxième.

2/ Comment as-tu vécu tes années de classes préparatoires ?

Julien : Ce n’était pas simple pour être honnête. J’ai mis deux mois à prendre le rythme en première année, rythme qui était encore plus soutenu que ce que j’imaginais. La baisse des résultats était attendue. C’est surtout la charge de travail au quotidien dont il faut avoir conscience mais, avec de l’organisation, on y arrive. Chacun réagit à sa manière face au stress lié à la prépa : pour ma part, j’ai perdu beaucoup de poids. On ressort très fatigué des deux années mais le jeu en vaut vraiment la chandelle.

Je retiens néanmoins des points positifs qui éludent les aspects négatifs évoqués. La promotion était globalement soudée. On s’y forge des amitiés solides. Les effectifs réduits favorisent une bonne entente entre étudiants et une proximité avec les enseignants. Ces derniers apprennent à nous connaître, on garde contact, et on a l’occasion de se revoir lors de certains événements organisés par nos successeurs (journée d’orientation, gala…). Les enseignements sont de qualité ; je pense qu’on ressort grandi de ces 2 années, enrichi intellectuellement, à l’aise et aguerri.

Bastien : Cette question est intéressante parce que j’ai remarqué qu’il y a véritablement 2 façons de vivre sa classe préparatoire. Ceux qui travaillent ardemment pour réussir le concours au mieux et qui s’accrochent à cette idée jusqu’à la fin de leur formation et ceux qui se rendent compte au cours de leurs années qu’ils ne sont pas faits pour ça, qu’ils aspirent à autre chose et qui se donnent les moyens de réussir leurs nouveaux projets. Je pense que les 2 approches sont louables et pour ma part je faisais plutôt parti de la deuxième catégorie. Résultat : Je pense avoir vécu ma classe préparatoire D1 de façon véritablement sereine en me consacrant sur ce qui me semblait être important et finalement ça a payé, j’ai eu la formation que je voulais.

3/ Avec le recul, quel bilan tires-tu de ces années ?

Julien : Aujourd’hui, je ne retiens que le positif. J’ai pu constater que les élèves issus de prépa D1 ont une certaine aisance à l’oral comme à l’écrit, et cela nous est dit à chaque examen passé au Magistère. Je remarque aussi que nous avons une capacité notable à accumuler le travail dans un laps de temps court.  Aussi, je considère que j’ai appris énormément tant humainement qu’académiquement, que cela soit auprès des enseignants, comme des étudiants. Je ne pense pas qu’un cursus plus classique à la faculté de droit m’aurait autant apporté, j’en suis même sûr. D’ailleurs, la prépa D1 m’a aussi permis de m’inscrire dans un cercle, un réseau d’anciens, ce qui permet par exemple de trouver des stages ou des informations utiles. Si c’était à refaire, je le referais.

Bastien : Avec le recul, je pense que notre plus grand ennemi en prépa n’est non pas le travail ou la difficulté mais bien soi-même. Je m’explique : certains professeurs ou khôlleurs vont vous faire douter de vos capacités, vous serez stressés et fatigués. Mais tant que le mental y est et que vous savez garder votre sang-froid et du recul direct sur les différentes situations, tout un chacun est en mesure de s’en sortir.

4/ En quoi tes années de classes préparatoires t’aident dans ton parcours universitaire aujourd’hui ?

Julien : C’est mon professeur de droit à la prépa D1 qui m’a donné l’envie de découvrir plus en profondeur la propriété intellectuelle. C’est aussi l’équipe d’enseignants qui nous entourait qui a su me donner davantage confiance en moi, en mes capacités, et surtout qui m’a « secoué » pour que je sois plus à l’aise à l’oral à travers les nombreuses khôlles. La prépa D1 m’a également aidé à me forger mes propres convictions, ou encore à améliorer mon écrit et ma faculté à travailler en groupe.

Bastien : La capacité d’assumer une quantité importante de travail en un temps restreint est le plus grand acquis qu’offre une classe préparatoire à mon sens. Les étudiants en sortent plus organisés, plus directifs et avec une méthode qui les aidera tout le reste de leur vie. En dehors de l’aspect scolaire, la classe préparatoire est aussi l’occasion de faire des rencontres enrichissantes qui durent bien au-delà des deux ans.

5/ Peux-tu nous en dire plus sur ta formation ? Comment tu l’as intégré ? Si tu t’épanouis ? 

Julien : J’étudie aujourd’hui au Magistère en Droit des Techniques de l’Information et de la Communication, à Poitiers. J’ai intégré cette formation sur dossier pré-sélectif puis sur un oral. J’imagine que la prépa D1 a facilité mon entrée dans cette formation qui recherche des élèves polyvalents, curieux pour les nouvelles technologies par exemple. Cette année, j’ai été agréablement surpris par les cours de protection des données à caractère personnel. J’attends beaucoup de mon année de Master 1 puisque l’année de L3 reste, malheureusement, trop générale en ce qui concerne la partie juridique des enseignements : nous ne faisons pas encore de propriété intellectuelle, or, c’est principalement pour cela que j’ai intégré ce Magistère.

Bastien : Le Magistère en droit des TIC de Poitiers est la formation tremplin vers les métiers du droit touchant aux nouvelles technologies et à la propriété intellectuelle. En dehors des cours de droit, nous pratiquons un nombre conséquent de matières (audiovisuel, informatique, journalisme) nous rapprochant des différents acteurs auxquels nous pourrions être confrontés durant notre futur professionnel. Cet aspect de la formation offre une véritable complétude au droit. On nous apprend véritablement à savoir de quoi on parle au-delà de l’aspect purement juridique.

6/ A qui conseillerais-tu cette classe préparatoire ?

Julien : Je recommanderais une prépa D1 à tous les lycéens qui, soit, ont l’ambition de réussir le concours de l’ENS, soit, souhaitent découvrir le droit sans se fermer de portes, puisque nous y faisons également de l’économie. Pour ceux qui sont certains de vouloir faire du droit, alors je pense que la prépa D1 vous apportera bien plus humainement et intellectuellement qu’une L1 et L2 « classiques ». Vous garderez un cadre de travail rassurant, avec un effectif réduit et une équipe pédagogique disponible et de grande qualité, et vous vous entraiderez.

Bastien : Je conseille cette classe préparatoire à toute personne qui sait vouloir s’orienter dans les filières économiques et/ou juridiques et qui a l’envie et la motivation de se consacrer pleinement à cela pendant 2 ans. Cependant, il faut bien faire attention aux débouchés avant de s’orienter dans ce type de formation ; l’étau peut se refermer beaucoup plus vite que ce que certains professeurs peuvent laisser imaginer.