Classement ENS 2017 – résultats d’admissibilité

Classement ENS 2017 – résultats d’admissibilité

Liste arrêtée à 53 noms.
RangCPGEAdmissibles
1Carcouët - Nantes10
2Blomet – Paris9
2ENC Bessières – Paris9
4Juliette Récamier – Lyon7
4Turgot - Paris7
6Gustave Eiffel – Dijon4
6Gustave Eiffel – Bordeaux4
8Ozenne- Toulouse2
9Jean Mermoz - Montpellier1

 

Loïc et Margaret, normalien et magistérienne à l’Ecole normale supérieure de Rennes

Loïc et Margaret, normalien et magistérienne à l’Ecole normale supérieure de Rennes

Dans une Ecole normale supérieure, un normalien est fonctionnaire-stagiaire, c’est-à-dire que suite à l’obtention du concours, il devient agent de la fonction publique. Il est ainsi rémunéré pour la durée de ses études. Un magistérien est un étudiant qui n’est pas rémunéré mais ce dernier suit les mêmes cours et se voit offrir les mêmes opportunités que les normaliens. Il est généralement recruté grâce à son admissibilité au concours de l’ENS ou encore sur son dossier scolaire. 

1/ Pourquoi avoir voulu rentrer en classe préparatoire D1 ?

Loïc : J’ai découvert la prépa D1 un peu par hasard en cherchant une alternative aux IEP vers lesquels je me dirigeais à l’origine. Je me suis longtemps dit que je ne ferai pas de prépa mais je suis allé aux journées portes ouvertes d’une prépa, dont les portes me sont finalement restées fermées, et la formation ne m’a paru pas si horrible que ça ! Je me suis dit que la prépa allait me permettre d’acquérir des bases solides aussi bien au niveau de la méthode que des connaissances, grâce à des enseignements variés mais quand même approfondis, peut-être plus que dans d’autres cursus. Comme je ne savais pas bien ce que je voulais faire, cela me laissait deux ans de plus pour réfléchir et choisir ma voie parmi des débouchés variés.

Margaret : J’ai voulu intégrer une classe préparatoire D1 pour diverses raisons. Tout d’abord, j’ai choisi de m’inscrire en CPGE D1 car j’avais besoin d’un cadre pour travailler efficacement. Après le lycée, je ne me sentais pas assez autonome pour affronter la faculté. Or, la classe préparatoire D1 est une bonne transition entre le système du lycée et celui de la faculté, car pendant nos deux années, nous nous familiarisons avec la fac tout en étant encadré. En outre, la classe préparatoire D1 propose une formation généraliste. Or, à l’époque, je n’avais pas envie de m’enfermer dans une formation purement juridique dès lors que, à l’instar de la plupart des lycéens de ES, je n’avais jamais étudié le droit et j’aimais l’économie. Enfin, du fait de son caractère généraliste, la préparation D1 est l’une des seules formations qui donne deux ans de plus aux élèves pour décider de leur orientation. Elle ne ferme aucune porte pour un élève de ES en lui permettant d’intégrer des écoles telles que les Ecoles supérieures de commerce (ESC), les Instituts d’étude politiques (IEP), ou encore l’Ecole normale supérieure de Rennes ainsi que les meilleurs universités de droit et leurs magistères (tout en validant deux années de droit).

2/ Comment as-tu vécu tes années de classes préparatoires ?

Loïc : Elles ont demandé pas mal d’efforts à certains moments mais si on sait prendre du recul et qu’on est un minimum intéressé par les matières étudiées, on les vit bien et elles passent assez vite. Dans ma prépa, le travail est assez concentré et, au moins en première année, on a une grosse coupure en hiver et beaucoup moins de travail à la fin de l’année. Enfin, j’ai personnellement mis un peu de temps à acquérir le rythme mais c’est peut-être pas plus mal car acquérir progressivement les méthodes de travail permet d’être en progression, ce qui est satisfaisant.

Margaret : Personnellement j’ai très bien vécu ma classe préparatoire et c’est quelque chose qui n’était pas gagné d’avance car je n’étais pas scolaire. L’ambiance générale des classes préparatoires D1 ne s’inscrit pas dans la compétition par rapport à d’autres types de classes préparatoires car il y a très peu de prépas et au sein de ces prépas, nos choix d’orientation sont souvent très variés. Après, il faut garder à l’esprit que l’on est seul responsable de la manière dont on vit ce genre d’experience à travers notre faculté à prendre du recul, notre solidarité avec les autres, notre ouverture d’esprit etc.

3/ Avec le recul, quel bilan tires-tu de ces années ?

Loïc : En dehors du fait que la D1 m’a permis d’intégrer ma formation actuelle, je ne regrette absolument pas mon choix. En effet, j’ai pu profiter d’un environnement stimulant qui m’a incité à donner mon maximum pour mes études et fait découvrir des perspectives auxquelles je n’aurais pas pensé sinon.

Margaret : Un bilan purement positif. La classe préparatoire m’a permis de passer mes deux premières années de droit sans aucun stress et avec mention. Je me suis dépassée intellectuellement et je pense que je ne serais jamais aller aussi loin en passant par un parcours classique. En outre, j’y ai rencontré des personnes très intéressantes et surtout différentes ! A la fac, on est tenté de se regrouper avec des personnes qui nous sont familières. La prépa est en cela très enrichissante car elle instaure « une collocation à 40 » avec des personnes venant de partout et que vous n’avez pas choisi.

4/ En quoi tes années de classes préparatoires t’aident dans ton parcours universitaire aujourd’hui ?

Loïc : La D1 permet de rentrer de la meilleur des façons dans les études de droit et d’acquérir les bases pour y réussir par la suite. Par exemple, j’ai appris à faire les TD efficacement et progressé à l’oral, ce qui permet de mieux réussir ces exercices à l’université.

Margaret : On acquiert avec la CPGE une méthodologie de travail et une gestion du stress qui sont de véritables atouts non seulement dans le cadre des études supérieures mais aussi dans la vie active. En outre, l’aisance à l’oral est une qualité qui distingue les préparationnaires des élèves qui sont passés pas un cursus classique en ce qu’à la fac de droit, il existe peu d’examens oraux avant les masters. Enfin, l’avantage de la classe préparatoire, c’est de vous faire aller au-delà du raisonnement qui vous est proposé par vos professeurs et de passer d’un exercice de récitation (assez présent au lycée et à la FAC ) à un exercice de reflexion.

5/ Peux-tu nous en dire plus sur ta formation ? Comment tu l’as intégré ?

Loïc : J’ai intégré l’ENS Rennes sur concours. L’ENS est le débouché naturel de la D1 et sa mission d’origine est de former des enseignants et des chercheurs. Mais, les débouchés sont en réalité beaucoup plus variés. En effet, le cursus a été réformé et permet désormais de choisir entre trois parcours dès la deuxième année (prépa ENM, prépa ENA, enseignement-recherche/prépa agrégation d’économie-gestion). Par ailleurs, le rythme est beaucoup moins intensif qu’en prépa, ce qui permet de consacrer du temps à d’autres activités ou de se détendre après deux années intensives. Enfin, être passé par l’ENS est clairement un atout pour faire de belles carrières dans la fonction publique, quelle que soit la voie que vous choisissez, et permet en général d’entrer dans les meilleurs M2 (le parcours agrég permet de faire n’importe quel M2 recherche).

Margaret : Je suis actuellement magisterienne à l’ENS. On intègre cette formation soit par dossier soit par l’admissibilité au concours de l’ENS Rennes (ce qui a été ma voie). C’est réellement la continuité de la classe préparatoire D1 avec un rythme moins intense. J’aime beaucoup ce que je fais à l’ENS puisqu’on reste dans une formation généraliste tout en pouvant commencer à se spécialiser à travers des stages prestigieux (stages en ambassades ou en juridictions par exemple). Il convient néanmoins de mentionner que j’ai choisi cette formation non pas pour le prestige de l’école, mais bien parce qu’elle était cohérente avec mon souhait de travailler dans la Défense. Ainsi, je dirais que dès lors que votre formation est en adéquation avec votre projet professionnel, vous ne pouvez que vous épanouir.

6/ A qui conseillerais-tu cette classe préparatoire ?

Loïc : A tout lycéen qui souhaite se mettre toutes les chances de son côté pour faire de bonnes études de droit ou qui a envie de faire des études juridiques en ayant des débouchés plus variés que dans un cursus classique, ce qui lui permettra éventuellement de choisir une autre voie.

Margaret : Cette classe préparatoire a la force de s’adresser à tous les lycéens quelque soit sa branche (S, ES, L). En effet, venant de L, vous aurez des facilités avec la dissertation, venant de S, vous aurez une logique mathématique très proche de la logique juridique et venant de ES vous aurez déjà une logique économique. Néanmoins, je ne la conseillerais qu’à des personnes qui ont la capacité de gérer leur stress. Vous ne devez pas subir la prépa, ce qui suppose d’avoir la capacité de prendre du recul. Ainsi, si vous êtes de nature stressée je ne vous recommande pas cette formation car votre stress vous empêchera de vous épanouir intellectuellement et de profiter pleinement de ce que vous offre de particulier cette formation.

 

Louis, inspecteur de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes

Louis, inspecteur de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes

1/ Pourquoi avoir voulu rentrer en classe préparatoire D1 ?

J’ai pris connaissance de l’existence de la prépa D1 en fin de première ES. Je souhaitais poursuivre un cursus pluridisciplinaire, et l’opportunité de bénéficier à la fois de cours de droit, d’économie, de culture générale, et d’histoire des idées politique m’attirait. De même, suivre des cours à la fois à la Faculté de droit donne à cette classe préparatoire un caractère unique.

2/ Comment as-tu vécu tes années de classes préparatoires ?

J’ai vécu ces deux années de classes préparatoires avec excitation et passion. Même si je dois reconnaître que ce parcours nécessite beaucoup de rigueur et parfois même de l’acharnement, j’ai apprécié la vie étudiante, les liens que j’ai pu nouer, les rapports de proximité avec le corps professoral.

3 et 4 / Avec le recul, quel bilan tires-tu de ces années ? En quoi tes années de classes préparatoires t’aident dans ton parcours universitaire aujourd’hui ?

Ces deux années m’ont intellectuellement, et humainement beaucoup apporté. En termes de méthode tout d’abord, j’ai affermi ma capacité de travail, progressé sur le plan de la qualité rédactionnelle, et j’appréhende désormais beaucoup moins de prendre la parole en public du fait de la multitude de « khôlles » que j’ai pu passer lors de ces deux années. Ensuite, en termes d’enseignement, suivre intensément un cours d’économie, de droit, public ou privé, être sensibilisé aux grands enjeux contemporains m’ont permis d’appréhender sereinement la suite de mon parcours universitaire, et de réussir mon entrée dans la fonction publique par la voie des concours administratifs.

5/ A qui conseillerais-tu cette classe préparatoire ?

Je conseillerais cette classe préparatoire à tous les lycéens désireux de suivre un parcours permettant d’ouvrir toutes les portes de l’enseignement supérieur : des facultés de droit prestigieuses aux écoles de commerce ou Institut d’ études politiques, sans compter celles de l’ENS. C’est une formation formatrice humainement, et instructive culturellement.

Hugo élève à l’Institut Supérieur du Management Public et Politique (ISMAPP) à Paris

Hugo élève à l’Institut Supérieur du Management Public et Politique (ISMAPP) à Paris

1/ Pourquoi avoir voulu rentrer en classe préparatoire D1 ? 

Je souhaitais m’orienter vers une prépa parce que je savais que j’avais besoin d’une structure pour m’améliorer. Cependant, je dois avouer que je souhaitais une B/L et la D1 était mon dernier vœu sur APB. Je l’avais choisi parce qu’il y avait de l’économie et du droit, ce qui me permettait de passer les concours de Sciences Po.

2/ Comment as-tu vécu tes années de classes préparatoires ?

La première année était dure, d’autant plus que les bienfaits de la prépa ne se voyaient pas très bien dans les résultats de la fac (et pas vraiment dans ceux de la prépa d’ailleurs), mais le concours semblait loin. La deuxième année était, certes, plus stressante mais je voyais les notes et les appréciations s’amélioraient à la prépa. J’espérais réussir le concours, mais je savais déjà que les deux ans n’avaient pas servi à rien (ce qui est un sentiment fort agréable !).

3/ Avec le recul, quel bilan tires-tu de ces années ?

Au niveau des soirées durant ces années, j’ai un bilan assez faible. Toutefois, je profite d’autant plus aujourd’hui et les efforts m’ont permis d’acquérir des compétences (organisation ; avoir un esprit synthétique ; argumenter malgré le stress) essentielles pour obtenir des stages intéressants. C’est un bilan positif, mais il faut regarder dans le long terme.

4/ En quoi tes années de classes préparatoires t’aident dans ton parcours universitaire aujourd’hui ?

Ces années m’ont tout d’abord permis de rentrer dans mon école (l’ISMAPP). Ensuite, les matières sont très proches et avoir un socle solide est un avantage par rapport aux élèves venant d’hypokhâgne. De plus, la méthodologie du droit (argumentation structurée, phrases courtes mais précises) est une aide importante pour l’écrit mai aussi pour l’oral.

5/ A qui conseillerais-tu cette classe préparatoire ?

Il faut faire un constat, des personnes réussissent très bien sans prépa. Cependant, il faut déjà être très structuré mentalement. La prépa permet ce cadre que, personnellement, je n’avais pas. De plus, je la conseillerais à tous ceux qui aiment un peu l’abstraction. J’apprécie les dissertations de Droit parce que cela laisse plus de place à l’analyse du sujet (contrairement aux fiches d’arrêt…). Enfin, et c’est le plus évident, je la conseillerais à ceux qui ont des objectifs clairs. Si vous savez que vous vous améliorez pour vos objectifs, et que vous appréciez ce que vous faites, vous tiendrez (et peut-être même avec le sourire !).

Bastien et Julien, étudiants au magistère droit des TIC à Poitiers

Bastien et Julien, étudiants au magistère droit des TIC à Poitiers

1/ Pourquoi avoir voulu rentrer en classe préparatoire D1 ?

Julien : Je ne savais pas quoi faire après l’obtention du baccalauréat. L’échéance APB approchant, j’ai sollicité l’aide du conseiller d’orientation de mon lycée. Au regard de mes résultats scolaires et de la filière (ES) dans laquelle je m’inscrivais, il m’a proposé et fait découvrir la prépa D1. C’était clairement quitte ou double. N’ayant jamais fait de droit jusqu’alors, je prenais le risque d’entrer dans un cursus exigeant sans même savoir si la matière dominante me plairait.

En réalité, deux éléments principaux m’ont fait opter pour la prépa D1. C’est tout d’abord la volonté de poursuivre mes études dans une formation « qui en demande plus », reconnue et stimulante intellectuellement. C’est ensuite le besoin d’être sorti de ma zone de confort, d’être quelque peu bousculé et, par là-même, être prêt à faire face à la réalité des études supérieures et du monde professionnel. Je voulais acquérir des méthodes solides, mais aussi des connaissances plus poussées qui me serviraient pour la suite de mon parcours. Ce n’est donc absolument pas la perspective du concours qui m’a fait choisir cette voie.

Bastien : Pour ma part, la CPGE D1 était véritablement un tremplin ; un moyen de parvenir aux formations que je m’étais fixées. Je m’étais déjà énormément penché sur la question avant de choisir cette classe préparatoire. Dès la première année, j’avais pour ambition d’intégrer l’ENS ou le magistère en droit des TIC de Poitiers. Ce sont deux parcours aux finalités très différentes. Si j’intégrais l’ENS, c’était pour devenir enseignant-chercheur. Le Magistère en Droit des TIC me destinait par contre à devenir juriste au sein d’une multinationale de l’industrie vidéoludique. Au cours de mes premières années universitaires j’ai finalement eu l’occasion d’en apprendre plus sur chacune des branches, mon choix s’étant finalement porté sur la deuxième.

2/ Comment as-tu vécu tes années de classes préparatoires ?

Julien : Ce n’était pas simple pour être honnête. J’ai mis deux mois à prendre le rythme en première année, rythme qui était encore plus soutenu que ce que j’imaginais. La baisse des résultats était attendue. C’est surtout la charge de travail au quotidien dont il faut avoir conscience mais, avec de l’organisation, on y arrive. Chacun réagit à sa manière face au stress lié à la prépa : pour ma part, j’ai perdu beaucoup de poids. On ressort très fatigué des deux années mais le jeu en vaut vraiment la chandelle.

Je retiens néanmoins des points positifs qui éludent les aspects négatifs évoqués. La promotion était globalement soudée. On s’y forge des amitiés solides. Les effectifs réduits favorisent une bonne entente entre étudiants et une proximité avec les enseignants. Ces derniers apprennent à nous connaître, on garde contact, et on a l’occasion de se revoir lors de certains événements organisés par nos successeurs (journée d’orientation, gala…). Les enseignements sont de qualité ; je pense qu’on ressort grandi de ces 2 années, enrichi intellectuellement, à l’aise et aguerri.

Bastien : Cette question est intéressante parce que j’ai remarqué qu’il y a véritablement 2 façons de vivre sa classe préparatoire. Ceux qui travaillent ardemment pour réussir le concours au mieux et qui s’accrochent à cette idée jusqu’à la fin de leur formation et ceux qui se rendent compte au cours de leurs années qu’ils ne sont pas faits pour ça, qu’ils aspirent à autre chose et qui se donnent les moyens de réussir leurs nouveaux projets. Je pense que les 2 approches sont louables et pour ma part je faisais plutôt parti de la deuxième catégorie. Résultat : Je pense avoir vécu ma classe préparatoire D1 de façon véritablement sereine en me consacrant sur ce qui me semblait être important et finalement ça a payé, j’ai eu la formation que je voulais.

3/ Avec le recul, quel bilan tires-tu de ces années ?

Julien : Aujourd’hui, je ne retiens que le positif. J’ai pu constater que les élèves issus de prépa D1 ont une certaine aisance à l’oral comme à l’écrit, et cela nous est dit à chaque examen passé au Magistère. Je remarque aussi que nous avons une capacité notable à accumuler le travail dans un laps de temps court.  Aussi, je considère que j’ai appris énormément tant humainement qu’académiquement, que cela soit auprès des enseignants, comme des étudiants. Je ne pense pas qu’un cursus plus classique à la faculté de droit m’aurait autant apporté, j’en suis même sûr. D’ailleurs, la prépa D1 m’a aussi permis de m’inscrire dans un cercle, un réseau d’anciens, ce qui permet par exemple de trouver des stages ou des informations utiles. Si c’était à refaire, je le referais.

Bastien : Avec le recul, je pense que notre plus grand ennemi en prépa n’est non pas le travail ou la difficulté mais bien soi-même. Je m’explique : certains professeurs ou khôlleurs vont vous faire douter de vos capacités, vous serez stressés et fatigués. Mais tant que le mental y est et que vous savez garder votre sang-froid et du recul direct sur les différentes situations, tout un chacun est en mesure de s’en sortir.

4/ En quoi tes années de classes préparatoires t’aident dans ton parcours universitaire aujourd’hui ?

Julien : C’est mon professeur de droit à la prépa D1 qui m’a donné l’envie de découvrir plus en profondeur la propriété intellectuelle. C’est aussi l’équipe d’enseignants qui nous entourait qui a su me donner davantage confiance en moi, en mes capacités, et surtout qui m’a « secoué » pour que je sois plus à l’aise à l’oral à travers les nombreuses khôlles. La prépa D1 m’a également aidé à me forger mes propres convictions, ou encore à améliorer mon écrit et ma faculté à travailler en groupe.

Bastien : La capacité d’assumer une quantité importante de travail en un temps restreint est le plus grand acquis qu’offre une classe préparatoire à mon sens. Les étudiants en sortent plus organisés, plus directifs et avec une méthode qui les aidera tout le reste de leur vie. En dehors de l’aspect scolaire, la classe préparatoire est aussi l’occasion de faire des rencontres enrichissantes qui durent bien au-delà des deux ans.

5/ Peux-tu nous en dire plus sur ta formation ? Comment tu l’as intégré ? Si tu t’épanouis ? 

Julien : J’étudie aujourd’hui au Magistère en Droit des Techniques de l’Information et de la Communication, à Poitiers. J’ai intégré cette formation sur dossier pré-sélectif puis sur un oral. J’imagine que la prépa D1 a facilité mon entrée dans cette formation qui recherche des élèves polyvalents, curieux pour les nouvelles technologies par exemple. Cette année, j’ai été agréablement surpris par les cours de protection des données à caractère personnel. J’attends beaucoup de mon année de Master 1 puisque l’année de L3 reste, malheureusement, trop générale en ce qui concerne la partie juridique des enseignements : nous ne faisons pas encore de propriété intellectuelle, or, c’est principalement pour cela que j’ai intégré ce Magistère.

Bastien : Le Magistère en droit des TIC de Poitiers est la formation tremplin vers les métiers du droit touchant aux nouvelles technologies et à la propriété intellectuelle. En dehors des cours de droit, nous pratiquons un nombre conséquent de matières (audiovisuel, informatique, journalisme) nous rapprochant des différents acteurs auxquels nous pourrions être confrontés durant notre futur professionnel. Cet aspect de la formation offre une véritable complétude au droit. On nous apprend véritablement à savoir de quoi on parle au-delà de l’aspect purement juridique.

6/ A qui conseillerais-tu cette classe préparatoire ?

Julien : Je recommanderais une prépa D1 à tous les lycéens qui, soit, ont l’ambition de réussir le concours de l’ENS, soit, souhaitent découvrir le droit sans se fermer de portes, puisque nous y faisons également de l’économie. Pour ceux qui sont certains de vouloir faire du droit, alors je pense que la prépa D1 vous apportera bien plus humainement et intellectuellement qu’une L1 et L2 « classiques ». Vous garderez un cadre de travail rassurant, avec un effectif réduit et une équipe pédagogique disponible et de grande qualité, et vous vous entraiderez.

Bastien : Je conseille cette classe préparatoire à toute personne qui sait vouloir s’orienter dans les filières économiques et/ou juridiques et qui a l’envie et la motivation de se consacrer pleinement à cela pendant 2 ans. Cependant, il faut bien faire attention aux débouchés avant de s’orienter dans ce type de formation ; l’étau peut se refermer beaucoup plus vite que ce que certains professeurs peuvent laisser imaginer.

 

Camille, étudiante au Magistère génie économique de Strasbourg

Camille, étudiante au Magistère génie économique de Strasbourg

1/ Pourquoi avoir voulu rentrer en classe préparatoire D1 ?

En terminale, je ne savais pas vraiment vers quelle formation m’orienter. J’étais sûre de vouloir continuer l’économie mais je n’étais pas attirée par une ECE car je ne voulais pas faire une école de commerce. C’est la conseillère d’orientation de mon lycée qui m’a présentée les CPGE ENS D1 et D2. La CPGE D1 m’a tout de suite attirée car elle me semblait un bon compromis entre l’économie, le droit que je voulais découvrir et d’autres matières comme la culture générale et les langues. Le fait de pouvoir également valider les deux premières années de droit constituait aussi pour moi une certaine sécurité tout en ayant encore deux ans pour réfléchir à mon projet.

2/ Comment as-tu vécu tes années de classe préparatoire ?

Il faut avouer que le début a été assez difficile puisqu’on doit faire face à des échecs auxquels on avait pas forcément l’habitude au lycée et surtout des exigences beaucoup plus élevées. La charge de travail était assez importante donc j’ai parfois eu l’impression de mettre ma vie entre parenthèses pendant ces deux années. Il m’a fallu également du temps pour m’adapter et pour trouver ma méthode de travail. La deuxième année est difficile puisqu’il y a la pression des concours, mais c’est celle que j’ai préférée. On voit vraiment que le travail paye et on prend conscience des progrès qu’on a fait pendant ces deux ans.

3/ Avec le recul, quel bilan tires-tu de ces deux années ?

C’est un bilan très positif. La prépa c’est de véritables apports tant au niveau des connaissances que de la méthodologie. On acquiert également une capacité de travail importante. Je pense que la prépa et surtout les colles cela m’ont permis progresser à l’oral et aussi de prendre confiance en moi. Si le bilan est aussi positif c’est surtout en grande partie grâce aux personnes que j’ai pu rencontrer grâce à cela. Si il y avait un mot à retenir et contrairement aux idées reçues sur la prépa ce ne serait pas concurrence entre élèves mais solidarité (et amitiés).

4/ Que fais-tu maintenant ?

Je suis aujourd’hui en Magistère génie économique à Strasbourg. La totalité de mes cours sont donc des cours d’économie. Il faut donc savoir que même après une prépa D1 il est possible de s’orienter vers un magistère d’économie, mais il faut avoir conscience qu’il sera nécessaire de travailler un peu les mathématiques. En parallèle j’ai décidé de passer ma troisième année de licence 3 de droit par correspondance à la Sorbonne afin de valider ma licence entièrement.

5/ En quoi tes années de classe préparatoire t’aident dans ton parcours aujourd’hui ?

Premièrement sans avoir fait de classe préparatoire je n’aurais pas forcément pu accéder à ma formation aujourd’hui puisque les magistères sont des formations sélectives. La prépa nous a permis également de développer une capacité de travail importante ce qui me permet aujourd’hui de pouvoir suivre mes deux formations mais également d’avoir encore assez de temps libre. Peu importe la poursuite d’études, je pense que les connaissances et les outils méthodologiques que nous avons développés nous servirons toujours.

6/ A qui conseillerais-tu cette classe préparatoire ?

Je la conseillerais à toute personne qui s’intéresse à l’économie mais qui voudrait aussi découvrir le droit.  Il faut quand même être motivé et prêt à fournir une charge importante de travail. Même sans avoir de projets professionnels précis, je pense que cette classe préparatoire ouvre des débouchés assez variées et c’est aussi l’occasion de découvrir de nouvelles formations.

Je rajouterais aussi qu’il ne faut surtout pas s’auto-limiter et ne pas hésiter à candidater car il n’y a pas que des génies en classe prépa, il ne faut pas avoir peur de tenter sa chance, c’est vraiment ouvert à toute personne motivée et curieuse.

 

Louise et Romane, étudiantes au CELSA Paris-Sorbonne

Louise et Romane, étudiantes au CELSA Paris-Sorbonne

1/ Pourquoi avoir voulu rentrer en classe préparatoire D1 ?

Louise : Arrivée en Terminale, j’étais une bonne élève mais je n’avais pas d’idée précise de ce que je voulais faire en post bac. Je savais que je voulais conserver l’économie qui m’avait beaucoup plu au lycée, et le droit semblait me convenir car c’est une matière littéraire et concrète.

Romane : En terminale ES je ne savais pas vers quel domaine me tourner. Stimulée par les enjeux de la société contemporaine j’ai opté pour une orientation en classe préparatoire afin de gagner en connaissances et méthodologie. Toutefois le doute subsistait toujours : lettres modernes ou D1 ?  Effrayée par le latin et la philosophie, et dotée d’une personnalité plutôt pragmatique j’ai finalement assez rapidement tranché pour la D1. Son socle pluridisciplinaire composé de sciences humaines  et l’alternance entre un enseignement en classe préparatoire et universitaire m’ont particulièrement attirée.

2/ Comment as-tu vécu tes années de classes préparatoires ?

Louise : C’était effrayant mais aussi impressionnant d’avoir accès à autant de savoirs et d’information. J’ai eu l’impression que l’on m’offrait absolument toutes les clefs de compréhension sur chaque sujet abordé. Forcément, derrière il fallait fournir une dose importante de travail. Cependant j’ai réussi à garder cet équilibre entre ma vie sociale à l’extérieur de la prépa à et les cours. Je pense que cela dépend des gens, mais le temps que je « perdais » à voir des amis ou sortir, je le récupérais en efficacité au moment de travailler. Pour les matières étudiées, j’avoue que le droit m’a beaucoup moins plu que l’économie, les derniers mois ont donc été difficile là dessus.

Romane : Ce fut douloureux (surtout la première année), pas toujours drôle mais extrêmement enrichissant tant d’un point de vue intellectuel que personnel. Pour ma part, j’ai mis un certain temps à m’organiser entre le rythme de la prépa et celui de la fac et à répondre au degré d’exigence en termes de méthodes et de connaissances. Ces deux années ont été un véritable défi personnel !

3/ Avec le recul, quel bilan tires-tu de ces années ?

Louise : Je n’ai plus aucun doute sur ma capacité à travailler. J’ai souvent repoussé mes limites durant ces années en ce qui concerne mon aptitude à me concentrer longuement sur un sujet complexe. C’était éprouvant, mais aujourd’hui j’ai confiance en moi, je prends les choses une par une et je m’en sors.

Romane : Avec du recul je ne regrette absolument pas mon passage en classe préparatoire ! J’y ai appris énormément de choses, tant sur les aspects juridiques et économiques que sur la méthode. Il m’a aussi permis de mieux me connaître et de me surpasser. Et puis ces deux ans de prépa s’ils ont été aussi beaux c’est surtout grâce à l’ambiance que nous avions dans notre promo. Un esprit solidaire teinté de notes d’humour même dans les circonstances les plus horribles. Car si en prépa tu douilles, tu peux aussi y rencontrer de véritables amis.

4/ Que fais-tu maintenant ?

Louise : Je suis en L3 au Celsa en parcours Marque (Marketing, Publicité, Communication). Le CELSA est une école de communication publique qui fait partie de la Sorbonne. A partir de bac +2, on peut passer le concours selon le parcours que l’on a choisi, ensuite on y reste jusqu’au Master 2. Le CELSA est une école prestigieuse, et dès la L3 nous devons réaliser un stage de 4 mois. C’est cet aspect très professionnalisant dans un cadre toujours universitaire qui m’a aussi plu. J’y suis très heureuse, nous sommes tous bien investis dans des associations et l’équipe pédagogique nous soutien et nous accompagne réellement.

Romane : Je suis actuellement au CELSA, École des Hautes Études de l’Information et de la Communication rattachée à la Sorbonne. Je suis entrée au sein de cette école par le biais du parcours Management et Organisation, qui me permet d’appréhender les sciences de l’info-comm et les ressources humaines. Cette école m’a attirée par la nature de sa formation qui est à la fois théorique et pratique puisque dès la L3 nous avons à effectuer un stage d’au moins 3 mois. Titulaire d’une licence d’info-comm à la sortie de la L3, je peux par la suite m’engager sur un master Ressources Humaines ou Conseil.

5/ En quoi tes années de classes préparatoires t’aident dans ton parcours universitaire aujourd’hui ?

Louise : Mes professeurs étaient très sceptiques à l’idée que je passe le concours du CELSA, car il était à première vue peu en lien avec la prépa. Ce n’était pas le cas, le CELSA dispense de nombreux cours d’économie et mes années de prépa m’ont donné un avantage par rapport à d’autres plus littéraires qui n’en avaient pas fait depuis la seconde. Je connais les enjeux juridiques et économiques d’une entreprise ce qui fait partie intégrante d’une stratégie de communication. De plus, bien communiquer est une affaire de culture générale, que j’ai indéniablement développée durant ces années.

Romane : Le passage en classe préparatoire reste extrêmement formateur (et non formaté comme pourrai le penser certains). Il nous permet d’acquérir des réflexes méthodologiques, une forme de curiosité et un esprit critique et analytique sur les enjeux du monde contemporain dans lequel nous vivons.

6/ A qui conseillerais-tu cette classe préparatoire ?

Louise : A ceux qui sont motivés pour passer l’ENS, c’est évident. Mais aussi à ceux qui ne savent pas exactement quelles études faire et qui souhaitent se laisser le choix de passer des concours dans des domaines économiques et juridiques.

Romane : Si tu es un peu paumé(e) dans ton orientation, que tu es sérieux(se), un minimum organisé(e) et que tu portes un certain intérêt à l’économie et au droit alors cette classe préparatoire peut être une très bonne étape dans ta construction universitaire et personnelle. Toutefois avant d’y postuler il est important de prendre conscience de la charge de travail et de l’impact que peut avoir le rythme et l’intensité d’une classe préparatoire sur ton quotidien.

 

 

 

 

Thomas, étudiant au magistère Juriste d’Affaires franco-britannique (JAFB)

Thomas, étudiant au magistère Juriste d’Affaires franco-britannique (JAFB)

1/ Pourquoi avoir voulu rentrer en classe préparatoire D1 ?

A l’origine, j’envisageais de rentrer à l’université et d’accomplir un parcours de droit très classique pour atteindre mon objectif ultime : le métier d’avocat. J’ai eu connaissance de l’existence de la prépa D1 par un ami, ancien de la prépa et maintenant lui aussi avocat. Si j’ai voulu y rentrer, c’est tout d’abord car elle permet de valider les deux premières années de licence de droit en parallèle. Je me sentais capable de faire plus qu’une simple licence et cette prépa me le permettait. Ensuite, cette prépa permet un enseignement plus poussé qu’une simple fac de droit en accentuant notamment la rigueur, la méthodologie et le travail : des qualités essentielles pour la suite des études. Enfin, je savais qu’elle permettrait de me distinguer des autres étudiants en droit dès le début de mon cursus, ce qui n’est pas chose aisée en suivant un parcours « classique ».

2/ Comment as-tu vécu tes années de classes préparatoires ?

L’exigence de classe préparatoire demande parfois un temps d’adaptation, j’ai eu la chance de trouver mon rythme assez rapidement de façon à réussir sans me tuer à la tâche (oui c’est possible !). Plus sérieusement, ces deux années sont intensives niveau travail mais incroyablement stimulantes intellectuellement. A côté de l’aspect « scolaire », mes deux années de prépa ont été une aventure humaine très enrichissante, elles ont été marquées par un esprit de promo génial, une ambiance agréable et de fortes amitiés tissées.

3/ Avec le recul, quel bilan tires-tu de ces années ?

Elles m’ont permis de développer des qualités que je n’aurais pu acquérir ailleurs : que ce soit les qualités orales à travers les khôlles, l’étude des langues, la culture générale ou la forte base de connaissances en économie. Sans compter l’enrichissement sur le plan personnel déjà évoqué. Avec le recul, j’aurais regretté de ne pas avoir tenté l’aventure.

4/ En quoi tes années de classes préparatoires t’aident dans ton parcours universitaire aujourd’hui ?

La capacité de travail est l’atout majeur que l’on tient de la classe préparatoire. On travaille mieux, on travaille plus vite. On est simplement plus efficaces, ce qui nous permet de passer moins de temps que d’autres sur certaines tâches. Un autre atout est sans aucun doute la curiosité intellectuelle, développée à travers la multiplication des « khôlles d’entretien » sur des sujets de culture générale. Organiser ses idées est quelque chose de très important dans tous les domaines du droit et c’est une tâche à laquelle nos esprits sont très bien préparés en D1. Enfin, la prépa D1 m’a permis d’être pris dans ma formation et m’a aidé à trouver un stage l’année dernière. Sur mon CV, c’est souvent un marqueur déterminant.

5/ Peux-tu nous en dire plus sur ta formation ? Comment tu l’as intégré ?

A la sortie de la D1 j’ai intégré le magistère Juriste d’Affaires franco-britannique (JAFB) de l’Université de Rennes 1, c’est une formation sur 3 ans au cours de laquelle les étudiants valident 5 diplômes : une Licence en Droit, un Master 1 droit des affaires, un LLm in International Commercial Law, un Master 2 d’une université française ainsi que le Diplôme d’Université du magistère JAFB. Excellente formation en droit des affaires, elle permet notamment d’accéder aux plus prestigieux M2 parisiens. La première année se fait à Rennes, elle est très intense puisqu’il s’agit de valider les matières de L3 ainsi que celles de M1. La deuxième année se déroule à Exeter dans l’université partenaire et débouche sur la remise d’un LLM, diplôme très reconnu dans le milieu du droit des affaires. Enfin, la troisième année se fait dans l’université française de son choix. La sélection se fait à la sortie de la prépa sur dossier pour la phase d’admissibilité puis par oral pour la phase d’admission. La directrice du magistère ainsi que la professeure d’anglais recherchent avant tout des étudiants motivés, dotés d’un bon niveau en droit et d’un certain goût pour l’international.

6/ A qui conseillerais-tu cette classe préparatoire ?

D’abord, je conseillerais cette classe préparatoire à tous les étudiants attirés par le droit mais qui souhaitent un enseignement plus poussé que celui dispensé à l’université ou qui souhaitent se démarquer de la masse d’étudiants dès la première année de leur cursus : la prépa est déjà un label d’excellence. Mais je conseillerais aussi la D1 à tous les étudiants curieux intellectuellement et à la morale douteuse, désireux de toucher du doigt plusieurs matières sans se confiner au droit, grâce aux enseignements d’économie ou de culture générale notamment. Enfin cette prépa est aussi l’occasion de découvrir « l’ambiance prépa » et l’occasion de vivre une expérience très enrichissante sur le plan personnel.

Domitille, étudiante en licence de droit à l’Université de Bordeaux et en licence d’administration publique à Sciences po Bordeaux

Domitille, étudiante en licence de droit à l’Université de Bordeaux et en licence d’administration publique à Sciences po Bordeaux

1/ Pourquoi avoir voulu rentrer en classe préparatoire D1 ?

J’ai voulu rentrer en classe préparatoire D1 car je m’intéressais au droit mais j’étais aussi attirée par la pluridisciplinarité de cette formation (économie, culture G…). Je n’avais pas un projet encore précis et je voulais me laisser du temps sans me fermer de portes. En comparaison à un cursus classique à la faculté de droit, la prépa permet aussi d’être suivi(e) de plus près par les professeurs et d’être davantage entraîné(e) à l’écrit et à l’oral, ce que je voyais comme un atout.

2/ Comment as-tu vécu tes années de classes préparatoires ?

Chacun vit ses années de classe prépa à sa façon. Pour ma part, j’ai souvent eu le sentiment d’avoir dû « mettre ma vie entre parenthèse » en raison de l’importante charge de travail. Ces deux années ont été stressantes, avec parfois la peur de ne pas être à la hauteur. Cependant, il est agréable de voir que le travail porte progressivement ses fruits ; les progrès effectués tout au long de ces deux années m’ont permis de prendre davantage confiance en moi. Lorsque la prépa s’est terminée, j’ai ressenti un véritable sentiment de fierté d’être allée jusqu’au bout !

3/ Avec le recul, quel bilan tires-tu de ces années ?

Même si ces deux années de prépa n’ont pas toujours été faciles, avec le recul, je suis très contente de les avoir effectuées. Ce double cursus prépa/fac m’a tout d’abord donné le goût du droit, en particulier du droit public. Par ailleurs, j’estime qu’avoir des cours d’économie, de culture générale et de langues vivantes est un véritable avantage pour un étudiant en droit. Alors que je n’avais pas d’idées précises d’orientation professionnelle à la fin de la terminale, ces deux années en prépa m’ont permis de mûrir un projet et de trouver ma voie.

4/ En quoi tes années de classes préparatoires t’aident dans ton parcours universitaire aujourd’hui ?

Tout d’abord, le fait d’avoir fait une classe prépa a été, je pense, déterminant dans le fait d’avoir été acceptée sur dossier au sein de mon parcours universitaire actuel. J’ai en effet intégré un cursus ayant relativement le même fonctionnement que la prépa D1 puisque je cumule une L3 droit à l’Université de Bordeaux et une licence d’administration publique à Sciences po Bordeaux (qui dispense des cours supplémentaires d’économie, d’histoire et de culture générale). Ensuite, j’ai le sentiment que ce que j’ai appris en prépa me sera utile tout au long de mes études : elle m’a permis d’apprendre énormément de choses en droit et en économie, d’acquérir de solides méthodes de travail et une méthodologie de dissertation et également de prendre de l’assurance à l’oral. Or, ce sont des atouts pour réussir ses études et, à plus long terme je l’espère, les concours administratifs que je vise.

Enfin, les difficultés et le stress auxquels j’ai dû faire face pendant ces deux années de prépa, dus à son rythme et ses exigences, me permettent aujourd’hui d’énormément relativiser et d’appréhender plus sereinement mes études supérieures.

5/ A qui conseillerais-tu cette classe préparatoire ?

Je conseille cette classe préparatoire aux lycéens qui pensent avoir un certain goût pour le droit, l’économie et qui, de manière plus générale, développent une certaine curiosité pour les questions de société. Si la charge de travail est très importante, il ne faut pas pour autant s’autocensurer !

Yann, étudiant en licence 3 de sciences de gestion (parcours international)

Yann, étudiant en licence 3 de sciences de gestion (parcours international)

 1/ Pourquoi avoir voulu rentrer en classe préparatoire D1 ?

Je voulais rentrer en classe prépa pour plusieurs raisons très différentes. En premier lieu, pendant mon lycée, j’avais l’espoir de rentrer à Sciences Po Lyon pour son parcours international. Cependant, après avoir manqué le concours en terminale, j’ai décidé de faire une CPGE pour mieux me préparer aux concours Science Po (pour Bac+2). La CPGE m’aurait enseigné différents outils méthodologiques, et des connaissances pour me démarquer au concours. Par ailleurs, j’avais aussi la pression familiale à gérer. Toute ma famille avait fait des études supérieures et était passée par une CPGE ou par PACES. Il fallait donc que je rentre aussi dans une classe préparatoire. Enfin, j’avais aussi envie de rompre avec le cursus scientifique que j’avais suivi durant tout mon lycée. Ce qui m’intéressait et qui me passionne aujourd’hui, c’est le fonctionnement du monde contemporain, la politique, la religion et toutes les choses qui gravitent autour de ces thématiques. Or, dans une filière scientifique, on n’apprend rien de tout cela. Il fallait donc que je trouve un cursus qui me permette d’en apprendre plus sur les fantastiques machines que sont les sociétés humaines. La classe préparatoire D1 était parfaite pour cela.

2/ Comment as-tu vécu tes années de classes préparatoires ?

Il existe une réelle différence entre les deux années pour une raison logique : le concours arrive en fin de deuxième année. Chaque année se vit alors complètement différemment.

La première année était l’année de la découverte, de l’euphorie. Nous avions soif d’apprendre, de découvrir. Là où auparavant c’était dur d’amener une discussion sérieuse dans un groupe d’ami, tout devenait possible. Chacun était semblable aux autres tout en étant complètement différent ce qui menait à des débats intéressants, constructifs et passionnés. Chaque parole, chaque instant passé là-bas était un moment d’apprentissage pour moi. D’autre part, les professeurs étaient toujours à notre écoute pour assouvir notre soif de connaissance et à nous conseiller en cas de besoin.

Puis arriva la deuxième année. Le rythme s’accélérait, le concours était de plus en plus proche. Le stress devenait palpable en classe. Nous n’avions tous qu’un objectif, le concours (quel qu’il soit). Il devenait le sujet principal de nos discussions entre élèves ou avec les professeurs. Il nous hantait, nous obsédait, nous empêchait de dormir. Je ne pouvais plus profiter de l’instant d’apprentissage. Tout était fait dans l’intérêt de la préparation au concours. Le concours devenait une fin en soi. Malheureusement j’ai toujours été désintéressé par l’idée de concours, d’examen. Tout cela n’était qu’un test après tout. La vraie richesse, c’est la connaissance non ? De ce fait, je n’étais plus vraiment en phase avec mes camarades sur ce point. Je me suis donc lassé et laissé porter par le courant jusqu’à la fin de l’année.

3/ Avec le recul, quel bilan tires-tu de ces années ?

J’ai beaucoup appris sur le monde, sur les autres et sur moi. Au-delà des outils méthodologiques, des entraînements à l’oral pour préparer des entretiens, la CPGE m’a offert quelque chose de bien plus important. Grâce à elle, j’ai pu préciser et clarifier mes idéaux. Là ou auparavant je n’étais que le reflet politique de ma famille, je suis devenu indépendant intellectuellement. J’ai un idéal et ce grâce aux connaissances, aux idées apportées par tous les acteurs de la classe. Cette classe préparatoire m’a fait murir sur certains points et je lui en suis très reconnaissant.

4/ Peux-tu nous en dire plus sur ta formation ? Comment tu l’as intégré ? Si tu t’épanouis ?

Je suis actuellement en licence 3 Sciences de gestion parcours international où un peu plus de la moitié des cours sont en anglais. Pour simplifier la chose, on m’apprend à gérer correctement un projet dans une entreprise. En premier lieu, j’étudie la boîte noire qu’est l’entreprise. Nous discutons en cours de son fonctionnement, des conflits, des types d’organisation. D’autre part, j’apprends aussi à maîtriser les outils de gestion et de comptabilité. Enfin, durant notre formation, nous sommes amenés à gérer un projet sur un an. C’est là que toute la formation prend son sens. Toutes les problématiques étudiées en cours et la plupart des outils de gestion sont utiles au projet mené. Prenons un exemple concret : mon projet consiste à produire et à guider les artistes locaux. J’ai monté en début d’année une équipe d’une dizaine de personnes pour mener à bien ce projet. On a rencontré beaucoup de problèmes durant ce projet : des problèmes de compréhension (du fait que les deux tiers de mes collaborateurs étaient étrangers), des soucis financiers… Toutes ces problématiques ont été traitées en cours. Au final, c’est bien mon projet qui donne du sens à ma formation.

5/ En quoi tes années de classes préparatoires t’aident dans ton parcours universitaire aujourd’hui ?

Les connaissances que j’ai acquise durant la classe préparatoire me permettent d’avoir une certaine culture économique et juridique. Grâce à cela, je peux analyser un problème avec un prisme différent de celui des autres. En dehors de cela, certains outils méthodologiques me sont parfois utiles pour analyser certains problèmes mais cela reste très limité. Malgré tout, si je suis aujourd’hui dans une formation sélective et si je suis retenu pour partir en Chine l’année prochaine, c’est aussi parce que j’ai fait une classe préparatoire D1.

6/ A qui conseillerais-tu cette classe préparatoire ?

Aux personnes qui souhaitent faire une formation d’excellence après un bac général. Aux personnes qui ont envie d’apprendre des choses nouvelles. Cette classe est un bon moyen de parfaire ses connaissances sur des sujets qui nous concernent tous aujourd’hui. Rien que par pur curiosité intellectuelle, c’est un bon choix. Cependant, il faut aussi savoir que la finalité, c’est le concours. Même s’il y a beaucoup de portes de sortie après la CPGE, il faut être conscient du fait que la deuxième année est loin d’être amusante. On se prépare à un concours et il faut vivre tous les jours pendant deux années avec cette idée en tête si l’on veut réussir.