Témoignage de Constance, étudiante en L3 à l’université de Nantes

Témoignage de Constance, étudiante en L3 à l’université de Nantes

1/ Pourquoi avoir voulu rentrer en classe préparatoire D1 ?

Arrivée en Terminale S, je voulais devenir journaliste, mais étant indécise sur mon parcours, j’ai eu connaissance de cette classe préparatoire grâce à ma professeure de philosophie. En effet, pour le journalisme, des professionnels m’avaient conseillé de commencer par un parcours de droit, avant d’intégrer Science Po. Après être allée aux portes ouvertes, cela m’a déterminé. Cette prépa représentait pour moi le parcours idéal, ouvrant plusieurs domaines, tels que le droit, l’économie, de la culture générale… Et surtout, j’espérais ainsi progresser grâce aux outils méthodologiques pour réussir les concours que je visais pour plus tard dans mon parcours. Ne connaissant pas encore le droit, je préférais m’investir dans un parcours qui m’offre une ouverture sur d’autres domaines. C’est je pense l’avantage indéniable d’une prépa D1.

2/ Comment as-tu vécu tes années de classe préparatoire ?

La première année a été difficile, il faut l’avouer. Ce n’est pas parce que tu es bon élève au lycée que tu peux être bon en prépa. C’est un travail tout à fait différent, et il m’a fallu du temps pour comprendre ce qui était attendu, et trouver mes méthodes de travail. La difficulté était aussi de jongler entre la prépa et le travail demandé à la fac pour les travaux dirigés, les galops d’essais et les partiels. Mais c’est le deal. Il faut accepter au début de ne pas y arriver pour apprendre de ses erreurs et progresser.

Malgré une première année difficile, je n’en ai retiré que du bon pour la deuxième. Et au cours de la première année, je me suis surtout rendue compte que le droit était un domaine fait pour moi, notamment grâce au concours de plaidoirie auquel j’ai participé à la fac. Cela peut paraître étonnant d’être en prépa et de trouver le temps de participer à un concours de plaidoirie, mais c’est une expérience qui m’a enrichi. J’ai d’ailleurs vu mon niveau à l’oral en khôlles augmenter, notamment parce que je prenais plus d’assurance.

La deuxième année a été une année riche à tous les points de vue. Si la première année, c’est la pose des fondements de l’édifice, la deuxième année constitue l’éclosion de ce qui est semé en première année. Mon intérêt pour le droit n’a fait que se confirmer. Et j’ai vu mon niveau augmenter de manière exponentielle, grâce au travail fourni depuis le départ. Il faut en effet savoir être patient au cours de ces deux années pour voir les fruits du travail investi. Là encore, j’ai renouvelé ma participation au concours de plaidoirie. Cela demande bien sûr du temps, mais cela ne m’a pas empêché d’aller en finale régionale, voire jusqu’aux nationales à Paris, tout en gérant à côté le travail de fac et de prépa, d’autant que l’échéance du concours approchait. Mais là encore, c’est une expérience qui a été largement encouragée par les profs, et grâce à laquelle je me suis aussi épanouie.

3/ Avec le recul, quel bilan tires-tu de ces années ?

Tout d’abord, malgré les embûches et les difficultés, ce sont deux années que je ne regrette pas, notamment parce qu’elles m’ont permis de savoir ce que je voulais vraiment pour mon projet professionnel. Même si, après réflexion, j’ai décidé de continuer en parcours fac, ce n’est pas par dépit, mais un vrai choix. J’ai en effet choisi de terminer ma troisième année de licence de droit à Nantes, dans la perspective déjà, d’être dans mon domaine de prédilection, et de préparer de futurs concours, à savoir l’ENM. C’est un choix tout à fait personnel, mais sans regret. Même si j’ai à un moment réfléchi aux débouchés que pouvaient offrir l’Ecole normale supérieure (ENS), ou éventuellement un magistère, j’ai eu peur de me spécialiser tout de suite. Ces deux années m’ont déjà amené à bifurquer dans mon projet professionnel, donc je préférais me donner encore une année de réflexion.

En plus de tout ce que la prépa peut apporter pour les projets professionnels, j’en tire aussi un enrichissement culturel sur de multiples aspects. En effet, en plus de nous permettre d’avoir des bases et un niveau solide en droit et en économie, nous avons eu la chance d’avoir des professeurs qui nous offrent d’autres ouvertures, par des conférences notamment, véritables opportunités de rencontrer certaines personnalités.

4/ En quoi tes années de classes préparatoires t’aident dans ton parcours universitaire aujourd’hui ?

Côtoyant tous les jours des étudiants qui n’ont pas eu l’opportunité de pouvoir faire ce parcours, je me rends compte à quel point la prépa est une force pour la suite. Je l’ai constaté d’abord dans le travail quotidien de fac. Nous sommes habitués avec la prépa à un haut niveau d’approfondissement, ce qui n’est pas donné à tous les étudiants, et c’est un avantage indéniable pour faire un parcours d’excellence. Grâce à la prépa, les principaux outils méthodologiques sont pour la plupart acquis, et cela aussi, c’est un sacré avantage. Je pense notamment à la méthode de dissertation, qui n’a plus beaucoup de secret pour nous au bout de deux ans de pratique intensive, entre les khôlles et les devoirs surveillés. Grâce aux khôlles, l’oral n’est également plus un exercice étranger. Ce qui est sûr, c’est que j’ai gardé une habitude de rythme de travail assez intensif, nécessaire, contrairement à ce que l’on pourrait croire, pour réussir une troisième année de licence. La prépa m’a offert un précieux bagage qui m’accompagne dans mon parcours, tant dans le fond que dans les méthodes de travail.

5/ A qui conseillerais-tu cette classe préparatoire ?

Je conseillerais une classe de prépa D1 tout d’abord à tout bachelier intéressé par le droit et l’économie, domaines d’étude intensifs au cours de ces deux ans. C’est pourquoi il est important d’y porter intérêt, notamment le droit. Mais pour pouvoir apprécier la prépa, je dirais aussi qu’il faut avoir une « soif d’apprendre » et de la motivation pour le travail. Car, ce sont, à mon sens, ces deux éléments liés qui permettent de profiter à fond de ce parcours, loin d’être une sinécure, on ne va pas se le cacher. Tout élève motivé, bon travailleur, intéressé par les domaines abordés, et ayant aussi un esprit d’ouverture, peut tout à fait réussir pleinement à sa mesure ce parcours unique, offrant de nombreux débouchés pour la suite.